Présentation  Verbier  Exposition  Artistes  Contacts  E-mail


Peter Bremers

Quelques oeuvres - Artist Statement - Curriculum vitae (doc) - Démarche de l'artiste - Technique


Quelques oeuvres

Les objets d'art exposés sur le site (toujours en construction) ne représentent qu'une infime partie de ce que vous trouverez à la galerie.

Peter Bremers
Peter Bremers
Peter Bremers
Peter Bremers
       

***

Artist Statement

In many non-Western cultures it is customary to perform small daily rituals to pay homage to nature, ensure good harvests, propitiate the weather gods, pacify the ocean or give thanks to Mother Earth through music and dance. In the Western world, it would appear that our sense of intimacy with nature and wonder at its beauty is being submerged amid mounting anxiety about global warming and the dramatic impact of possible future climate change. We see the natural world as something separate from ourselves, exploit its gifts without restraint for economic gain, and by doing so turn it from an age-old friend into a hostile force. We show little trace of gratitude and seem to forget that we are ourselves merely part of nature.

I can only say that, for me, the overwhelming emotion I felt when a mother whale with her calf swam alongside our boat and looked me long and hard in the eye was a life-changing experience. As was my sense of insignificance in the face of the savage energy of the oceans and of delight at the sight of yet another majestic sunrise over a flawless snow-covered landscape.

How can I express my gratitude for this inexhaustible source of inspiration other than by trying to depict the awesome power and majesty of nature in my sculpture? Not aiming to imitate or equal it, but simply to express my sense of wonder as a human being and an artist.

 

***

Curriculum vitae (doc)

***

 

Démarche de l'artiste

Bremers pense que sa mission d'artiste consiste à partager son étonnement sur ce qu'il a vu durant ses nombreux voyages. Ses rêves se nourrissent de la nature et de la culture des régions lointaines et exotiques qu'il a visitées. Toutes ces couches de verre sont une transposition intuitive des images qu'il a enregistrées dans sa mémoire : personnes, rites, religions, mythes et paysages. Il nous invite dans son univers. Pour Bremers, observer est une expérience physique, qu'il nous demande de partager. Notre voyage de découverte peut commencer. Les vases et les coupes sont si volumineux qu'on peut presque ramper à l'intérieur. En les observant de dessus, nous en comprenons petit à petit l'atmosphère, l'espace, les variations de lumière, les motifs, les ombres, les couleurs et leurs mélanges. Nous aussi, nous voyons les habitants de l'Océanie danser et chanter leur ode quotidienne à la mer, à la terre et au volcan.

Dans cette série, Bremers utilise la métamorphose ou la transformation en tant que métaphore. Quand on regarde ces créations, ce n'est pas le changement en lui-même qui est essentiel, mais l'expérience du changement dans le regard de l'observateur. L'apparence de l'objet est concrétisée par la forme, la matière, la couleur, l'espace, la lumière, les traces laissées par le travail de l'artiste. Dans la série Métamorphoses, ces aspects formels ne peuvent être interprétés qu'en termes d'expérience cinétique de l'observateur: en donnant la forme à l'objet, on lui donne sa signification. Dès que la position de l'observateur change, l'objet stationnaire change lui aussi, en uni et de nouvelles images créées par la transformation continue du mélange de couleurs, par les qualités diaphanes du verre, par les jeux de l'ombre et de la lumière. Pour l'observateur, l'expérience de l'objet devient un tourbillon d'images et d'associations: le reflet du soleil levant dans une flaque d'eau, la curieuse interférence des ailes fragiles d'un papillon, les caractères changeants des batiks flottant dans le vent, les couleurs vives d'un poisson tropical....

***


La technique en tant qu'aspect de la conception

Peter Bremers traite la matière avec respect. L'intégrité de l'oeuvre est à la mesure de celle du créateur lui-même. Bremers comprend ce que veut le verre et cherche sincèrement à réaliser un équilibre entre ses propres aspirations et l'obstination de la matière. Il ne se simplifie pas les choses et, si son travail n'exigeait pas un tel effort physique du fait des exploits techniques qu'il implique, son oeuvre serait essentiellement méditative. Pour saisir ces aspects de son art, il est essentiel de comprendre la technique du Graal.

La lumière a de la peine à traverser une couche épaisse de verre coloré et transparent. Quand elle y parvient, les couleurs sont si sombres que le rouge, le bleu cobalt et le pourpre ont l'apparence du noir. C'est pourquoi, au Moyen Âge, les artisans du vitrail développèrent la technique de la superposition, qui consiste à placer sur le verre incolore une fine couche de verre coloré. Traversant facilement cette faible épaisseur de verre, la lumière y produit des couleurs intenses du plus bel effet. Pour tirer le meilleur parti de ce phénomène, on plonge un morceau de verre incolore dans la masse colorée, puis on le souffle en un grand cylindre pouvant être étiré en une couche fine. On peut ainsi superposer trois à quatre couches de verre incolore, coloré ou opaque avant de souffler la paraison ainsi obtenue pour lui donner sa forme définitive. Deux techniques ont été développées pour enfermer les formes de verre creuses. Au premier siècle de notre ère, les Romains, inspirés par la pratique du découpage des coquilles et des pierres stratifiées, mirent au point la technique de Caméo, qui consiste à couper la couche extérieure de deux épaisseurs de verre différemment colorées, de manière à laisser un motif en relief sur le fond. Quant à la technique de l'intaglio, elle consiste à découper un relief dans une surface en enlevant par la même occasion la couche de couleur extérieure. On peut également graver, sabler ou entailler ce 'vide' ou cet 'embryon' afin d'enlever une partie de la couche externe pour faire apparaître l'intérieur nu. Après l'avoir réchauffé et recueilli sur sa canne, le souffleur pose cet embryon sur la masse incolore, puis souffle et façonne l'ensemble. Développée en 1916 en Suède par Simon Gate et Knut Bergvist, la technique du Graal est une variante de la technique de l'intaglio. Réintroduite en Angleterre il y a 15 ans, elle doit son nom au Saint Graal, à cause de la couleur rouge sang des premiers objets qu'elle a permis de réaliser. Peter Bremers et Neil Wilkin ont développé un procédé, appelé technique du double Graal, permettant de décorer un objet à l'intérieur et à l'extérieur en utilisant la technique du Graal.

Pour fabriquer l'embryon, Neil Wilkin prend sa canne et fait chauffer une boule de verre fondu d'une première couleur, puis la souffle doucement en une paraison. Il y ajoute successivement une deuxième, une troisième, voire une quatrième couche de verre en cristal coloré pour terminer par une couche de cristal transparent. Pendant ce temps, son premier assistant façonne une forme identique en utilisant des couleurs différentes. Puis, les deux paraisons ainsi obtenues sont soufflées à la taille d'un oeuf d'oie, l'une étant ensuite placée autour de l'autre de manière à l'envelopper. Après un processus de refroidissement très lent, l'embryon est prêt à être découpé par l'artiste.

Comme un sculpteur, Peter Bremers taille des formes dans les couches extérieures de l'embryon froid en se servant d'outils de meulage. Ce traitement de surface fait apparaître graduellement, une à une, les couleurs sous-jacentes. Après cette opération, l'artiste réchauffe lentement l'embryon, le fixe à sa canne et l'enfile sur une tige nue. L'embryon est alors retroussé, l'intérieur se retrouvant désormais à l'extérieur. Ainsi, ces couches de couleur peuvent également être façonnées après refroidissement. Bremers découpe ensuite un autre motif qui laisse alors apparaître les couches de couleur les plus profondes, les autres motifs et leurs combinaisons.

Mais tout cela ne constitue que le prélude du travail de soufflage proprement dit. Avant que Wilkin ait eu le temps de remettre l'embryon sur sa canne, Peter Bremers a déjà marqué à la craie les contours d'un nouvel objet sur le sol en béton de l'atelier. Son équipe tourne, souffle et donne à l'embryon la forme de l'objet souhaité. Dans ce processus, Bremers joue les rôles du compositeur et du chef d'orchestre, le maître-souffleur Wilkin, celui du soliste et son équipe, celui de l'orchestre à l'écoute de ses instructions. Une foule de facteurs doivent être pris en compte: la fragilité des parois de verre, l'idiome du vase ou de la coupe, les coefficients d'expansion des différentes couleurs du cristal, le lent processus d'échauffement nécessaire afin d'éviter la formation de bulles d'air entre les diverses couches, sans oublier l'esprit d'équipe de chacun. Avec la plus grande concentration, tous 'écoutent' la forme sur le point d'être créée, essaient de comprendre ce que veut le verre lui-même et sont conscients du caractère unique de la matière. Leur concentration est récompensée par la concrétisation du rêve de Bremers.

Extrait de l'article d' Angela van der Burght dans : Peter Bremers, Metamorphosis, 2000, ISBN n°90-805511-1-2

haut